CHRONIQUE

100% SAUVAGINE

Par Michel La Haye

Le respect, une denrée rare dans notre monde sauvaginier!

Vous savez, il y a, et il y aura toujours, des gens malicieux qui font bonne figure, quand ça les arrange, mais qui sont, en réalité, des êtres malfaisants, souvent très centrés sur eux-mêmes, attaquant autrui de toutes sortes de manières pour leur faire du mal. Ces gestes sont souvent posés gratuitement, sans aucune base solide, et surtout, sans raison valable ou bien validées. Je ne parle pas de notre cher président du pays voisin, mais à toute évidence, il fait partie de ce type de personne!

Je dirais que dans notre monde sauvaginier, malheureusement, c’est monnaie courante, difficile d’expliquer pourquoi, mais c’est comme ça. Mais heureusement, il existe encore des tonnes de bonnes personnes pour faire un contre poids positif à cette situation. Aux jeunes et nouveaux sauvaginiers, je vous dirais d’éviter ce genre de personnes dans votre entourage, des bons mentors chevronnés qui arborent toujours une attitude positive, il en reste, s’agit d’avoir la chance d’en croiser un.

L’histoire que je veux vous raconter explique très bien que tous nos faits et gestes finissent toujours par nous rejoindre un jour ou l’autre, que ce soit en bien (parfois c’est plus long), qu’en mal! Elle débute par les gestes d’un sauvaginier connu. L’action s’est déroulée en fin de saison voici pas longtemps. Son groupe arrive pour chasser la bernache vers les 11 heures, alors qu’un ami guide s’était donné la peine de monter son installation au froid très tôt le matin. Mon ami va trouver ce personnage, qui n’en était pas à sa première controverse, dont le groupe était en train de s’installer juste en face de lui, dans le même champ. Il lui demande amicalement: «Qu’est-ce que tu fais là?» L’autre, supposément un gentleman sauvaginier, lui répond qu’il a lui aussi la permission, et qu’il ne bougera pas de ce site. Mon ami appelle le fermier qui lui dit qu’effectivement, l’autre groupe a obtenu sa permission, mais pour chasser à l’autre extrémité du champ (sic). Trop tard, les bernaches commencent à arriver, dans cette confusion totale, personne n’a fait une belle chasse, pire, le second groupe a même ouvert le feu sur des groupes de bernaches qui tentaient d’entrer dans le plan de mon ami! 

Morale, le respect d’autrui a et aura toujours place et prévaudra chez moi en toutes circonstances, et je ferais le souhait, en ce début de 2025, que ce soit aussi votre cas, et ce, même devant les pires mesquineries crasses. Comme, par exemple, quelqu’un qui «rampe» votre champ ou chasse un dortoir la veille de votre sortie, deux mauvais coups classiques que l’on voit trop souvent encore! Ça ne vaut pas la peine de faire la même chose et souvent, comme j’ai dit, ça se retourne contre nous. Retenez, et surtout, prenez en considération ce vieux dicton qu’un vieil ami Cri répétait souvent quand je travaillais à la Baie de James au début des années 2000, «lorsque l’on crache en l’air, ça finit toujours par nous retomber sur le nez». La preuve qu’il tient encore bien la route, le fameux sauvaginier en question a perdu cette permission à la suite de cette mésaventure, son approche irrespectueuse ne l’a vraiment pas bien servi! Alors, pensez-y à la prochaine ouverture ou quand vous vous préparez à poser des gestes malicieux envers une personne qui vous a rien fait de mal dans le fond!

Des vrais amis c’est quoi? Des gens avec lesquels on parle fort parfois ou on a des mésententes, mais vers lesquels on se tourne automatiquement quand la vie nous pousse sur la bande, et qui nous ouvrent toujours les bras! L’auteur remercie Angie, et ses gars (qui ont beaucoup grandi depuis 2021, date de cette vidéo!), Claude et Seb pour leur soutien constant depuis si longtemps, sans vous, il ne serait plus dans la course aujourd’hui!

Retour Salon plein air, chasse, pêche et camping de Saint-Hyacinthe

Je fais un petit retour sur le salon de Saint-Hyacinthe qui s’est tenu le dernier weekend de janvier. Tout d’abord, personnellement je trouve que c’est un peu tôt, et, quelque part, risqué de tenir un salon de chasse et pêche à la fin du mois de janvier. Je vous explique pourquoi. Je participe, de différentes manières, à ces évènements depuis 1996, je crois que j’ai manqué une seule année, lors du passage du promoteur Sportsmen Show à Master Promotion Ltd, le hic est que selon moi avant la mi-mars, les gens sont occupés avec les sports d’hiver, et les tempêtes de neige sont toujours possibles. Heureusement cette année, il a fait beau et très froid, deux conditions gagnantes pour inciter les gens à se déplacer vers ce type d’évènement. Le vendredi ce fut un peu tranquille, mais samedi et dimanche, il y avait foule. Les gens, dont certains vieux «bougoneux» comme moi,  ont semblé bien apprécier le salon dans son ensemble.

Pour terminer ce petit retour, j’aimerais remercier chaudement mon amie Catherine Lapointe, directrice de salon, qui m’a fourni, à la dernière minute, un magnifique emplacement de 40 pieds de long, car, croyant que j’allais occuper d’autres fonctions, je n’avais pas réservé d’endroits pour y installer mon kiosque. Dans le même ordre d’idée, je dois également remercier Eric Viens, de la Société Black Bird, qui m’a permis de produire de courtes cliniques d’appel dans le cadre d’une nouvelle activité qui implique la participation active des amateurs de chasse,  GROS MERCIS à ces deux personnes passionnées qui m’ont permis de vivre une belle expérience enrichissante malgré les circonstances. Enfin, je m’en voudrais de ne pas souligner la participation, de A à Z, de ma copine Martine Goudreau, qui a travaillé fort pour que je puisse assister à ce salon, MERCI 😊! J’espère vous voir à celui de Québec auquel je devrais aussi participer vers la fin mars.

MICHEL LA HAYE

Magnifique kiosque avec une installation de chasse à la sauvagine complète; deux des caches en A de l’auteur, les appelants de bernaches et de canards, ainsi que les «calleurs», le trio infernal quoi !

MICHEL LA HAYE

La copine de l’auteur, Martine, qui installe les appelants avec son beau sourire.

Réponse
aux
lecteurs

Réponse aux lecteurs

Durant le salon de Saint-Hyacinthe, plusieurs personnes de toute origine et sexe, m’ont posé à peu près la même question, soit la manière ou les indices permettant de reconnaître un guide ou un service de chasse à la sauvagine digne de ce nom, en deux trois mots? Je pourrais écrire un article complet sur ce sujet délicat, mais je serai bref. Allons-y par grands thèmes:

Compétences et sécurité, trucs à éviter ou à vérifier:

  • guide principal avec peu d’expérience de chasse autonome, soit moins de 8 ans par exemple, ou n’ayant jamais été assistant guide pour débuter,
  • guide sans formation de réanimation ou de premier soin, avec rappel aux 18 mois,
  • service sans couverture d’assurance responsabilité pour les accidents couvrant les clients, assistants, et les propriétaires terriens,
  • guide principal qui ne se présente pas ou qui laisse ses clients en cours de chasse,
  • groupes nombreux de plus de dix personnes, enjeux évident de sécurité,
  • état de santé physique et mentale des guides, intoxication à l’alcool et autres,
  • antécédents belliqueux, condamnation pour comportement violent ou menaçants envers autrui, dont les collègues guides.

Éthique et services offerts:

  • prix de moins de 200,00$/jour, en 1996 le prix tournait autour de 150,00$/jour, en deçà de ce prix, il y a un doute sur le niveau de sécurité, la couverture d’assurance, l’effort de prospection, et la qualité de la chasse attendue et offerte,
  • période de chasse journalière, exemple, sortie par avant-midi de chasse seulement, alors qu’en fin de saison les oiseaux volent souvent tardivement,
  • garantie offerte, exemple, au moins 8 à 10 bandes devraient se présenter aux appelants dans le cadre d’une sortie de chasse bien planifiée visant d’offrir une belle expérience aux chasseurs,
  • intensité du service de guidage, se méfier des services qui offrent un nombre de sorties élevées par semaine dans les périodes creuse d’abondance du gibier,
  • questionner les efforts de prospection, de préparation, les résultats des chasses précédentes, et l’abondance du gibier attendue durant la sortie,
  • contrôle des actions durant la chasse, des consignes de sécurité claires et précises doivent être données au début de la sortie, demandez au service s’ils font ce genre de préparation, et d’avertissements,
  • rapports de gestes imprudents ou manquements aux consignes de sécurité ci-dessus,
  • antécédents de braconnages ou de manque d’éthique dans la pratique de l’activité de chasse, ou envers les propriétaires terriens, les clients et les autres guides,
  • guide qui a l’habitude d’arrêter la sortie de chasse avant la fin de la période prévue pour se relocaliser ou pour aller prospecter la sortie suivante,
  • rapports d’observation d’appelants sales, d’une cache inconfortable ou trop visible, et la présence de détritus,
  • idem pour un site qui semble avoir été utilisé plusieurs jours de suite et où peu ou pas d’oiseaux se présentent. 

Voilà, informez-vous, et retenez ceci, beau, bon, pas cher, ça existe juste chez le père Noël!

MICHEL LA HAYE

Les sourires de clients satisfaits, une belle récompense pour des guides chevronnés et passionnés!

Aménagement et gestion de la faune

Je me permets un retour sur la réglementation concernant la population de bernache du corridor Atlantique. Mon échantillonnage n’est pas aussi précis que celui du Service Canadien de la Faune (SCF-qui survole année après année les mêmes transects pour dénombrer les couples nicheurs), mais cet automne, tous les dortoirs autour de mes permissions de chasse étaient plein à craquer, de la mi-septembre au début décembre. J’ai fait un petit sondage, la même chose a été notée à l’ouest de ma région en Ontario (Hawkesbury est et Champlain), vers le nord-ouest en remontant la rivière des Outaouais, et la même chose vers le nord-est en descendant le fleuve Saint-Laurent. La proportion d’oisillons dans les récoltes de mes clients a aussi fait un bond significatif en 2024, soit près de 20% comparativement à environ moins de 5% pour les quatre années précédentes. Ces résultats sont comparables, car les sorties ont été effectuées dans les mêmes secteurs avec des approches semblables. Je ne sais pas si les gens du SCF lisent mes chroniques, mais ce serait bien, et assurément intéressant d’avoir leur point de vue sur cette situation. Je vais tâter le pouls avant la prochaine parution du magazine.

En passant, il est très facile de reconnaître les jeunes bernaches de l’année; elles ont le cou encore de couleur brune à certains endroits, un cercle brun dans le dos au-dessus du croupion, et un «V» vide au bout des grandes plumes des ailes, de la queue et du corps. C’est la marque du duvet qui est tombé, vous ne pouvez pas vous tromper d’identification de la maturité de la bernache avec ces signes.

Sur ce, bonne fin d’hiver!

FICHIERS PUBLICS À UTILISATION NON RESTREINTE

Remarquez les plumes plus foncées dans le cercle blanc dans le bas du dos d’une jeune bernache, et l’encoche laissée par la chute du duvet au bout d’une plume.

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