MARC RAYCROFT

CHRONIQUE

100% PASSIONNÉE

Par Marylin Soucy

Une chasse mal-aimée

Il y a une chasse que j’aime énormément et que je ne pratique pourtant presque jamais. C’est peut être pour cela que j’apprécie d’autant plus chaque sortie. Je parle ici de la chasse aux coyotes. Bien que je préfère le trapper, il est aussi intéressant de tenter d’en déjouer un à la chasse. J’ai fait bon nombre de sorties qui n’ont pas toutes été couronnées de succès. Loin de là! Quelques sorties aussi qui paraissaient prometteuses suite à la prospection, durant lesquelles nous sommes pourtant revenus bredouille. Je suis la fille la plus heureuse du monde lorsque que je réussis à les déjouer et à les faire approcher. Je suis toujours choyée par ce spectacle. Sorti de nulle, parfois nous surprenant, d’autre fois traversant un champ beaucoup trop loin. Je vois des coyotes environ deux sorties sur trois. Ils ne sont pas toujours assez proches ou réceptifs à nos appels. Je trouve très intéressant aussi de pouvoir les observer parfois sans qu’ils le sachent. On voit certaines de leurs habitudes de déplacement ou de réaction qu’on ne verrait pas en temps normal.

ALEXANDRE VOYER

Coyote traversant rapidement un champ durant la période hivernale. Un beau défi pour le tireur.

Pour ma part, j’ai fait sortir «sur le call» plusieurs renards et mêmes quelques coyotes, mais j’ai aussi constaté qu’avec la pression de chasse envers eux, qui a grandement augmenté au fils des ans, ils sont plutôt nerveux et pas autant réceptifs aux appels qu’ils ne l’ont déjà été. C’est pourquoi j’essaie différentes sortes d’appels et de différents gibiers. J’utilise fréquemment l’appel du lièvre blessé ou sinon un appel qu’on nomme en anglais «puppy distress». Ça reproduit le bruit de gémissement qu’un canidé fait lorsqu’il est blessé et c’est souvent sur ces deux appels que j’ai eu de l’action. Comme je le disais plus haut, les premières fois que j’ai utilisé l’appel je me suis parfois fait surprendre. Mal installée et pas prête, le coyote me voyait avant que moi je puisse le localiser et il s’éloignait. Une fois il est sorti beaucoup trop près de moi. Autant lui que moi on est resté l’air bête en se voyant… Chaque sortie au coyote est une histoire en elle-même.

Exemple d’habitat propice pour chasser le coyote.

Le coyote est l’un de mes animaux favoris, mais c’est aussi un des plus difficiles à déjouer. Il faut bien connaître les patterns de déplacement, les sites/milieux où ils ont tendance à chasser. Savoir bien se camoufler et surtout avoir beaucoup de patience. Maintenant, et comme je le mentionnais plus haut, je vois des coyotes environ 2 sorties sur 3. Mais à mes débuts je me rappelle m’être demandé à plusieurs reprises ce que je faisais assise en bordure d’un champ à -40 degrés Celsius à attendre qu’un coyote passe. Ça travaille la patience!

Avec mes observations au fil des ans, je connais maintenant les «bonnes passes». Je le trappe au maximum et par la suite, lorsque la saison de piégeage finit, je tombe en mode chasse. Les coyotes se reproduisent habituellement entre la fin janvier et le mois de mars. C’est pour ça que j’aime bien chasser durant cette période; il y a beaucoup plus d’actions et les coyotes parcourent beaucoup plus de terrain. Il est très courant à ce moment d’en voir en plein jour,  sur l’heure du dîner ou en après-midi. Je ne chasse pas seulement le matin, souvent ils sont déjà là et on peut parfois les déranger en allant s’installer. Au mois de mars, j’aime bien chasser l’après-midi. Encore là,  il faut connaître nos secteurs et les habitudes du gibier. Je laisse mes caméras à l’année dans le bois alors ça me permet de voir ce qui se passe, où les animaux se déplacent, à quelle heure, etc. C’est très aidant pour déterminer quel site sera bon ensuite pour la chasse. De plus, en période de gros froid les animaux doivent se réchauffer eux aussi, ils seront donc plus en mouvement et presque constamment à la recherche de nourriture.

L’habillement est aussi très important. Il est de mise de se fondre dans le décor. Dans la neige je suis vêtue avec un manteau blanc, sinon un coton ouaté blanc ou une chemise de boucherie peut très bien faire l’affaire. Si j’ai à chasser plus tôt, je m’adapte à la couleur de la végétation autour le plus possible. À la chasse au coyote, le port du dossard orangé n’est pas obligatoire entre le 1er décembre et le 31 mars.

Plusieurs calibres sont autorisés pour la chasse aux coyotes et il s’agit de trouver celui avec lequel vous êtes le plus à l’aise. Étant donné que je souhaite souvent conserver mes fourrures, j’essaie d’y aller avec un calibre qui n’est pas trop dommageable (exemple 22-250).

Comme l’auteure conserve la fourrure des coyotes elle préfère utiliser des calibres qui minimisent les dommages sur la bête comme la 22-250.

On doit chasser un endroit à quelle fréquence? Je crois que c’est différent pour chaque endroit et pour chaque chasseur. Si j’utilise des appels et que je n’aie pas vu nécessairement de coyote là-bas, j’y vais environ 1 fois par deux semaines. Je ne voudrais pas qu’ils reconnaissent mon «scénario» ou soient échaudés. Si je chasse sur une passe, il n’y a pas vraiment de limite en autant que j’aie le bon vent et que je n’aie pas brulé ma position la dernière fois. Sinon quelqu’un qui chasse le coyote sur un site appâté, n’a pas nécessairement besoin de «caller» non plus car les coyotes y circulent déjà naturellement pour venir se nourrir. Donc un peu comme pour une passe, on y va avec le bon vent et aussi souvent qu’on le veut.

Je crois que chaque personne a sa manière de faire. Je suis loin d’avoir chassé des dizaines de coyotes mais je pense que certains de ces petits trucs peuvent vous aider à en récolter un lors d’une sortie de chasse. J’espère vous avoir donné envie d’essayer cette chasse.

L’auteure adore la chasse et le trappage du coyote. Elle pose ici avec un beau spécimen capturé dans un collet.

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